Qu'est-ce que l'éléctrosensibilité ?

électrosensibilité et antennes relais

L’électrosensibilité est une pathologie nouvelle, en pleine expansion dans les pays industrialisés. Elle se caractérise par une intolérance plus ou moins sévère aux champs électromagnétiques. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) estime qu’aujourd’hui en France, environ 5% de la population serait électrosensible, soit quelque 3 350 000 personnes.


En réalité, nous sommes tous électrosensibles, dans la mesure où tout corps humain est constitué de 60  à 75% d’eau et que les champs électromagnétiques ont un impact sur l’eau. Par ailleurs, les médecins savent depuis fort longtemps que le corps humain est sensible aux champs électromagnétiques, parce que les ondes électromagnétiques artificielles perturbent les fonctions cellulaires et neurologiques.


Nous sommes donc tous électrosensibles, mais à des degrés divers. En effet, certains individus ne sont pas incommodés par les champs électromagnétiques (ce qui ne signifie pas qu’ils ne sont pas impactées), d’autres ont développé un syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (le fameux SICEM), tandis que d’autres encore, environ 1 à 2% de la population, ont basculé dans l’hypersensibilité électromagnétique qui est une forme d’électrosensibilité extrême : pour ne citer que quelques exemples, les personnes électrohypersensibles (appelées également EHS) sentent les ondes des téléphones portables à plus de 5 mètres et sont capables de vous dire sans voir le modem de votre salon si le Wifi est activé ou non. Même si cette hypersensibilité peut de prime abord faire penser à un « super pouvoir », il s’agit d’une pathologie invisible, mais néanmoins très invalidante, caractérisée par toute une série de symptômes.

 

Les symptômes de l’électrosensibilité


Les symptômes de l’électrosensibilité ont ceci de particulier qu’ils sont nombreux (on en recense plus de 70) et qu’ils peuvent aussi apparaître dans d’autres maladies. D’une manière générale, les électrosensibles se plaignent d’insomnies, de maux de tête, de déprime ou dépression, de douleurs musculaires et articulaires, de troubles digestifs, de troubles cutanés, d’acouphènes, de  problèmes de vertiges et ou de pertes d’équilibre, de nausées, de fatigue chronique, de troubles de la mémoire et de la concentration.


Ces symptômes varient d’un individu à l’autre et ne sont pas uniquement spécifiques à l’électrosensibilité, d’où l’errance médicale à laquelle les patients font face tant qu’ils n’ont pas fait le lien entre l’exposition aux champs magnétiques et l’augmentation de leurs symptômes.

En effet, le tableau clinique des électrosensibles se caractérise par le fait que la série de symptômes décrits disparaît plus ou moins rapidement dès qu’ils ne sont plus exposés aux champs électromagnétiques. Quoi qu’il en soit, leurs symptômes ne sont pas d’ordre psychiatrique, puisque toute une série de marqueurs sanguins ont été identifiés dans des études et par des médecins indépendants pour diagnostiquer l’électrosensibilité.

Les électrosensibles présentent souvent entre autres une augmentation de l’histamine, de la CRP ultrasensible, de l’homocystéine, ou encore de la S100B.

A l’écho doppler pulsé transcranien (réalisé par le professeur Philippe Lebar), ils présentent dans bien des cas une hypoperfusion de certaines zones cérébrales, ce qui traduit une souffrance cérébrale causée par une mauvaise oxygénation, elle-même induite par une agglomération des globules rouges sous l’effet de l’exposition aux champs électromagnétiques. Ils présentent également fréquemment une ouverture de la barrière hémato-encéphalique (BHE), ce qui permet aux toxines du  corps de passer dans le cerveau.

Le cas spécifique des électrohypersensibles


Les électrohypersensibles sont des personnes qui, suite à une forte exposition ou à une exposition moins forte, mais plus longue, ont basculé vers un stade beaucoup plus grave de la pathologie : le syndrome d’hypersensibilité électromagnétique.


Les électrohypersensibles (EHS) développent une intolérance extrême à des gammes de fréquences de plus en plus nombreuses : au départ, une personne EHS pourra par exemple être sensible au Wifi uniquement, puis après quelques mois, en l’absence de sevrage électromagnétique, elle pourra développer une intolérance aux fréquences des téléphones portables, des DECT (téléphone sans-fil de maison), du 50 Hz, ou encore du CPL Linky. A ce stade, la pathologie est extrêmement invalidante, elle empoisonne l’existence et devient un véritable handicap : elle implique souvent un décrochage professionnel lié à la perte du travail, des déménagements incessants vers des lieux moins exposés, une errance géographique, voire une marginalisation pour les personnes qui n’ont pas d’accès aux soins de santé. Cette situation est d’autant plus difficile à vivre qu’à l’heure actuelle, le téléphone portable, que les EHS ne peuvent même pas tenir en main, est devenu un outil que l’on utilise quotidiennement. Pour accueillir les personnes EHS, une zone blanche (dépourvue de réseau et, par conséquent, sans ondes électromagnétiques), est sur le point de voir le jour dans les Alpes de Haute Provence, à Saint-Julien en Beauchêne. La zone blanche pourrait être dotée de toute une équipe médicale qui accompagnerait les patients. Parrainé par Michèle Rivasi, députée européenne, ce projet, initié par l’association « Une terre pour les EHS » et repris par l’AZB (Association zones blanches), serait une première mondiale.

 

Quels sont les appareils qui pertubent le plus les élélecrosensible ?

 

  • Box wifi
  • DECT (téléphone sans fil de maison)
  • Objets connectés en Bluetooth
  • CPL Linky
  • Réfrigérateur
  • Grille-pain
  • Plaque à induction
  • Sèche-cheveux
  • Climatiseurs

Il est bien évident que pour les électrosensibles, il est recommandé de limiter tous les appareils ménagers ou électriques.

Les études scientifiques


Il existe aujourd’hui de très nombreuses études attestant de la nocivité des ondes sur l’organisme humain. Le rapport Bioinitiative qui a analysé plus de 1800 études en 2007, 2012 puis en 2019, a contribué à ce que le Parlement européen formule des recommandations de diminution des normes. Par ailleurs, d’autres études sont bien connues, par exemple l’étude REFLEX de l’Union européenne réalisée entre 2000 et 2004. Enfin, on dispose également de l’étude COMOBIO qui a été financée en 2003 par le ministère de la recherche.

 

Comment traiter l’électrosensibilité ?


Pour une personne électrosensible, il est capital de diminuer son exposition électromagnétique en réduisant drastiquement la charge électromagnétique globale de son environnement. D’ailleurs, le professeur Belpomme, qui préside l’ARTAC (Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse)   va dans ce sens dans ses recommandations aux patients. Dès lors, il importe de supprimer le Wifi et de remplacer l’accès à internet par une liaison filaire. Il est également impératif de renoncer au DECT (téléphone sans-fil de maison) au profit d’une ligne filaire. Pour prendre correctement toutes les mesures qui s’imposent, il est vivement recommandé de faire appel à un conseiller en environnement électromagnétique.


Il importe également de consulter un médecin spécialiste de l’électrosensibilité comme le Dr Milbert ou le professeur Belpomme. Ils pourront accompagner les électrosensibles ainsi que les électrohypersensibles et prescrire des traitements visant à garder la pathologie sous contrôle.

 

Reconnaissance de l’électrosensibilité


L’électrosensibilité est une pathologie à ce jour non reconnue par la France. Elle est par contre reconnue en Suède où l’on dénombre entre 230 000 et 290 000 électrohypersensibles, soit 4,5% de la population. En France, même si la pathologie n’est pas encore reconnue officiellement, dans les faits, de nombreux malades sont reconnus par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) et certains cas d’électrosensibilité ou d’électrohypersensibilité ont été reconnus en tant qu’accidents du travail.

Agir au niveau des enfants


Certains enfants deviennent également électrosensibles, ce qui a de lourdes conséquences, étant donné qu’ils ont encore toute leur vie devant eux. Devant la multiplication des cas, la France a adopté la loi Abeille en 2015. Cette loi vise à interdire l’utilisation du Wifi dans les écoles et les établissements accueillant des enfants de moins de 3 ans.